Test de FABER : performance diagnostique
Le test de FABER permet-il réellement de distinguer une douleur articulaire d’une douleur extra-articulaire de hanche ?
Objectif
Le test de FABER (Flexion – Abduction – Rotation Externe), également appelé test de Patrick, est l’un des tests cliniques les plus utilisés lors du bilan d’une douleur de hanche.
Il est souvent présenté comme un test orientant vers une atteinte intra-articulaire, notamment dans le cadre :
- du conflit fémoro-acétabulaire (FAI)
- des lésions du labrum
- de certaines douleurs articulaires de hanche
Cette revue de littérature analyse les publications scientifiques afin d’évaluer si ce test est réellement capable de différencier une douleur articulaire d’une douleur provenant des structures péri-articulaires.
Comment réalise-t-on le test de FABER ?
Le patient est installé en décubitus dorsal. La hanche examinée est placée en :
- Flexion
- Abduction
- Rotation externe
La cheville repose sur le genou controlatéral (« position en 4 »), puis une pression progressive est appliquée sur le genou vers la table.
Le test est considéré positif lorsqu’il reproduit la douleur habituelle du patient.
Le FABER met simultanément en tension :
- la capsule articulaire
- le labrum
- les muscles péri-articulaires
- les tendons fessiers
- l’ilio-psoas
- l’articulation sacro-iliaque
Performance diagnostique pour les pathologies intra-articulaires
Les études disponibles montrent des résultats relativement variables concernant la capacité du FABER à diagnostiquer une atteinte intra-articulaire.
Troelsen et al. (2009)
- Sensibilité : 41 %
- Spécificité : 100 %*
* Cette valeur repose cependant sur un seul véritable cas négatif et reste donc difficilement généralisable.
Tijssen et al. (2016)
Lorsque le FABER est combiné avec d’autres tests (FADIR, Fitzgerald…), la sensibilité globale augmente fortement.
En revanche, le FABER utilisé seul ne permet pas de confirmer avec certitude une atteinte du labrum.
Martin et al. (2008)
Chez des patients candidats à une arthroscopie, le FABER n’a pas permis d’identifier de manière fiable une douleur réellement intra-articulaire.
Pris isolément, le FABER présente une sensibilité variable et une spécificité insuffisamment démontrée pour confirmer une lésion labrale ou un conflit fémoro-acétabulaire.
Performance pour l’instabilité de hanche
Une étude de Ranawat et collaborateurs s’est intéressée à l’instabilité de hanche.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Sensibilité | 54 % |
| Spécificité | 90 % |
| LR+ | 5,4 |
| LR− | 0,5 |
Dans cette indication très spécifique, un FABER positif augmente donc la probabilité d’une instabilité de hanche, sans toutefois constituer un diagnostic à lui seul.
⚠️ Message clé
Un FABER positif ne permet pas d’affirmer que la douleur est d’origine articulaire.
Plusieurs études montrent que des performances diagnostiques similaires, voire supérieures, existent pour certaines pathologies extra-articulaires de la hanche.
Le FABER est également positif dans les pathologies extra-articulaires
Le principal enseignement de cette revue est que le test de FABER n’est pas spécifique aux pathologies articulaires de hanche.
Plusieurs études montrent qu’il est également fréquemment positif dans des douleurs provenant des structures péri-articulaires, notamment le syndrome trochantérien (Greater Trochanteric Pain Syndrome – GTPS).
À retenir
Un FABER positif ne discrimine donc pas l’origine articulaire de la douleur.
Une douleur provoquée lors du test peut aussi bien provenir du labrum que des tendons fessiers, de l’ilio-psoas, de la capsule ou d’autres structures péri-articulaires.
Le syndrome trochantérien (GTPS)
Fearon et al. (2012)
- Sensibilité : 81 %
- Spécificité : 82 %
La combinaison d’une douleur latérale de hanche associée à un FABER positif présente de bonnes performances diagnostiques pour le syndrome trochantérien.
Ganderton et al. (2017)
Le FABER fait partie des tests les plus performants pour identifier un syndrome trochantérien chez la femme.
- Spécificité élevée
- Sensibilité faible à modérée
Les performances du FABER sont parfois comparables, voire supérieures, pour une pathologie extra-articulaire que pour certaines atteintes intra-articulaires.
Synthèse des principales études
| Pathologie | Sensibilité | Spécificité |
|---|---|---|
| FAI / Lésion labrale | 41 % | 100 %* |
| Instabilité de hanche | 54 % | 90 % |
| GTPS | 81 % | 82 % |
* Valeur obtenue sur un très faible effectif et difficilement généralisable.
Limites de la littérature
- Peu d’études évaluent le FABER seul.
- La majorité des travaux portent sur de petits effectifs.
- Les méthodes diagnostiques utilisées diffèrent selon les études (arthroscopie, IRM, infiltration, jugement clinique…).
- Les populations étudiées sont souvent très sélectionnées (patients adressés pour chirurgie).
- Aucune étude identifiée ne concerne spécifiquement les coureurs à pied.
Les résultats doivent être interprétés avec prudence et toujours être replacés dans un examen clinique complet.
Implications pour la pratique clinique
- Le FABER est un excellent test de dépistage général d’une douleur de hanche.
- Il ne permet pas, à lui seul, d’affirmer une origine intra-articulaire.
- Un FABER positif doit être confronté à l’interrogatoire, aux autres tests cliniques et, si besoin, à l’imagerie.
- Un FABER négatif n’élimine pas une pathologie articulaire.
- Chez le coureur à pied, il doit toujours faire rechercher des causes extra-articulaires (tendinopathies fessières, syndrome trochantérien, ilio-psoas…).
Conclusion
Les données scientifiques actuellement disponibles ne permettent pas de considérer le test de FABER comme un test capable de différencier à lui seul une douleur articulaire d’une douleur extra-articulaire de hanche.
Sa sensibilité est très variable selon les études et plusieurs pathologies non articulaires présentent des performances diagnostiques comparables.
Le FABER doit donc être intégré dans un raisonnement clinique global, en association avec l’anamnèse, les autres tests cliniques et, si nécessaire, les examens complémentaires.
Références principales
- Troelsen et al. (2009)
- Martin et al. (2008)
- Tijssen et al. (2016)
- Ranawat et al. (2017)
- Fearon et al. (2012)
- Ganderton et al. (2017)
- Reiman et al. (2013, 2015)
- Fernandes et al. (2022)
Document rédigé à partir d’une revue de littérature scientifique indexée sur PubMed. Les données présentées sont issues des publications citées et doivent être interprétées dans leur contexte méthodologique.

